En voyant cette vidéo j'ai eu l'impression que la clé de ma recherche créative tient dans ces quelques minutes...
Le nouvel album de Feist : une splendeur. Rien à jeter, ou presque. Et, vocalement parlant, vraiment époustouflant…

Ce qui m’a frappée au premier abord, c’est la qualité de son chant. Il est vrai que depuis que je prends des cours de chant, je suis hyper sensible aux performances vocales dans les titres que j’écoute. Ca en déformerait presque mon jugement … Mais là, tout le monde sait que la marque de Leslie Feist, c’est cette voix étrange et rauque. Et cette voix de velours, à la fois douce et rugueuse, presque chuchotante, qu’on lui connaissait sur le précédent disque, a gagné en ampleur (et en assurance ?), sans pour autant perdre de son identité. Cette voix si caractéristique occupe maintenant sa –juste- place, plus mûre et plus épanouie, mêlant désormais audace et retenue dans une délicate alchimie, avec parfois même quelques accents de hargne. Du beau relief, en somme.
En clair : ceux qui ont été touchés par le côté dépouillé et pudique du précédent album n’accrocheront peut-être pas avec The Reminder, qui apparaît plus sophistiqué, tant dans le chant que dans les arrangements. A ce propos, Feist prouve que sa voix trouve aussi bien sa place dans l’équation accents folk + gratte sèche = émotion brute que dans des arrangements plus aboutis : banjo, trompettes, tambourins, violons et piano (One Two Three Four, The Limit To Your Love).
De mon côté, je me régale de ce disque énergique et spontané, composé avec empressement en tournée, et de l’exploration vocale de Leslie Feist. En tant qu’apprentie chanteuse, je prends une belle leçon de chant.
Enjoy !
Le tiercé gagnant :
- So Sorry, 1er titre du disque et superbe entrée en matière
- One Two Three Four pour les arrangements
- Brandy Alexander pour l’harmonie et la voix sur la corde raide
(Et que dire de plus de cette pochette graphiquement irréprochable..)
Vive les paradoxes, nous ouvrons le bal avec des français ! Le 2 mars, jour où j’ai foulé de nouveau le sol du vieux continent, Air sortait son nouvel opus : Pocket Symphony.
Saluons tout d’abord l’antinomie du titre qui évoque si bien son auteur : Air, ou la faculté de concilier minimalisme et explosion émotionnelle intense dans un même ouvrage : entre bricolage et orfèvrerie fine, un petit gadget de poche et de luxe, à emporter sous toutes les latitudes (et altitudes). Un titre prometteur, donc.

Prenez un grand classique de la bossa nova brésilienne.
Incorporez une chanteuse française et un guitariste argentin, saupoudrez de quelques fausses notes et vous obtenez mon dernier enregistrement sur la terre sud-américaine !
A écouter les pieds dans le sable avec une bonne caïpirinha dans la main ...
"Tangos Symphoniques" ? J'étais dubitative. Le tango, je l'imaginais intime, plaintif, caché dans les vapeurs poisseuses du port de La Boca. Dans une arrière cour sombre, au rythme lent et saccadé d'un bandoneon solitaire, un couple de danseurs désenchantés.
Mais j'ai dû rapidement me rendre à l'évidence : ce concert symphonique, en s'éloignant justement de l'imagerie traditionnelle du tango, a fait éclater ce que le tango a de vibrant, passionné et exalté, faisant la part belle à tout ce que cette musique a de majestueux : au-delà des larmes, de la nostalgie, de l'amour perdu, toujours la dignité demeure...
Un bien beau moment pour commencer 2007 !



